Épistémologie, politiques, espaces de montagnes

Étudier et interpréter les formes d’organisation sociale et politique dans l’espace des sociétés.

Animateurs :

Objectifs du thème

Le thème rassemble des chercheurs qui questionnent les dimensions sociales de l’espace, de la montagne et de l’environnement, notamment dans des perspectives politiques et épistémologiques.

Parmi les pistes envisageables, plusieurs champs et thématiques peuvent être abordés au cours du quinquennal à venir :

  1. La montagne d’un point de vue conceptuel et réflexif :
    – un cadre d’étude signifiant ou secondaire dans les analyses géographiques ?
    – un laboratoire amplifiant certains phénomènes sociaux et politiques ?
    – un objet d’étude à part entière dont le sens social est à interroger : quel dispositif (législatif, réglementaire, argumentatif) est mis en œuvre par les groupes sociaux pour le prendre en charge ? comment est-il partagé entre différents types d’usages ? sa symbolique conduit-elle à une sensibilité plus aigüe et à une mise en tension plus fréquente ?
  2. L’espace comme enjeu d’interactions sociales, porteur de controverses, de tensions, de conflits d’usages et de représentations. Sans être le simple support des activités humaines, l’espace est appréhendé comme un produit complexe de jeux d’acteurs à propos d’une réalité plurielle et différemment perçue. Il convient donc d’en observer et d’en comprendre les processus et les modalités de production multiscalaires.
  3. La nature et l’environnement comme des construits sociaux, le système biophysique étant englobé dans la dimension sociétale.
  4. L’espace et les spatialités comme grille d’analyse prépondérante dans les phénomènes relatifs :
    – aux politiques de gestion de la distance : accès facilité et cadré culturellement à la nature, ségrégation, gestion des inégalités par la sphère sociale, disparités foncières, usage des aménités comme différentiel socialement situé, relégation d’usages ou de fonctions à l’écart, stratégies de mise à distance de pratiques, stratégies d’enfermement, mais aussi de regroupement et d’occupation par des collectifs militants, etc.
    – aux politiques spatialisées de protection : espaces protégés, gestion et processus de déclenchement des conflits environnementaux, prise en charge par les collectifs de leurs tentatives de résolution, modalités et mécanismes de l’acceptation sociale, etc.
  5. Une nécessité de réflexivité sur la production du savoir, et en particulier sur les rapports entre éthique et politique.

montagne, épistémologie, politique (le politique et les politiques), nature, environnement, conflictualités, représentations, réflexivité, éthique, distance, spatialités<Schéma synoptique du thème et ses articulations avec les équipes

Focus privilégiés d’animation de la recherche

La construction de passerelles vers le Centre de Recherche en Droit Antoine Favre et l’équipe humanités environnementales du LLSETI est en cours depuis 2016

  • sur la thématique des paysages depuis 2016 avec D. Pety, ayant débouché sur 4 temps majeurs : Séminaire « Observatoire de paysages », à EDYTEM organisé avec le laboratoire LLSETI (6 avril 2017) ; Colloque international « Corpus de paysages » (Chambéry, 4-5-6 avril 2018) ; séminaire « Paysages » du LLSETI (7 mars 2019) ; colloque international « Paysages inhumains » (Chambéry, 17-18 octobre 2019).
  • avec les juristes, colloque sur la loi Montagne 2 (« Quelles évolutions pour le droit de la montagne ? », 8 février 2017), séminaire « géographie et droit : regards croisés » (6 février 2020).

Des collaborations avec l’IREGE, actuellement non engagées, pourront aussi être envisagées, notamment sur des aspects relatifs à l’économie circulaire.
Quels projets d’animation scientifique ?

  • pérenniser les « petits déjeuners lecture » initiés l’hiver dernier à l’échelle du laboratoire comme espaces de discussion autour d’enjeux notamment épistémologiques.
  • poursuivre le rythme de 2 à 3 séminaires par an autour d’un invité ou d’interventions de chercheurs du laboratoire et extérieurs (séminaires prévus les 9 avril et 7 mai 2020).
  • préparer un colloque international qui pourrait faire le bilan de la notion d’acceptation sociale et de la manière dont elle est travaillée dans différentes disciplines (géographie, sociologie, sciences de la communication, sciences politiques…), notamment par les collègues québécois.